Le bonheur selon Marine Chapot

Si j’ai décidé de créer ce blog, c’est avant tout pour transmettre l’expérience des différents entrepreneurs qui croisent ma route. J’étais loin d’imaginer à quel point la richesse de ces échanges allait transformer ma vision de la vie et de l’entreprenariat. Aujourd’hui, je pars à la rencontre de Marine Chapot, kinésiologue. Elle vient bousculer les idées reçues du bonheur et de la vie en général. Elle pousse à prendre de la hauteur, à relativiser et à être humble. Elle avance dans la vie avec les yeux grands ouverts, comme elle le dit si bien. 

Ouverts sur la vie, sur ses imprévus, mais aussi sur qui elle est, sur ses forces et ses blessures. Regarder en face ce qui nous bloque, se traiter avec bienveillance et toujours aller de l’avant, c’est ce que je retiens de notre échange. Marine Chapot avance dans la vie avec les bras grands ouverts et le cœur en avant. Je vous laisse découvrir le moment que nous avons partagé.

Bonjour Marine, est-ce que tu peux te présenter ? Qui est Marine Chapot ?

Je suis Marine, kinésiologue. La kinésiologie m’a appelé naturellement… Ma maman étant hypnothérapeute, je me suis imprégnée, depuis petite, de l’impact de l’inconscient sur notre capacité à être heureux. Être heureux est le fruit de tellement de choses qui viennent s’additionner. Dès qu’une de ces choses déraille, le sens du bonheur déraille avec lui. Cette perte de sens vient souvent de zones très profondes en soi. Il m’a semblé évident, au vu de mes capacités naturelles et de l’environnement dans lequel j’ai grandi, de me lancer sur le chemin de la kinésiologie. Le bonheur fait partie de ma vie depuis quelques années notamment parce que j’ai nettoyé devant chez moi avant de nettoyer devant chez les autres.

Comment t’es-tu orienté vers la kinésiologie ?

Ça se résume à un moment : je suis en pleine séance avec mon kinésiologue, Dominique Raynaud, qui m’annonce son départ imminent à la retraite. Et là, un moment de panique s’installe : comment vais-je faire sans toi ? Qui va s’occuper de moi ? Même si je ne le voyais pas souvent, une ou deux fois par an, il avait une place importante dans ma vie. Il me répond alors : « J’ai confiance, j’ai lancé un appel à l’univers et j’attends qu’il me réponde ». Cette phrase m’a beaucoup fait réfléchir, et le soir même je lui ai envoyé un message pour lui dire qu’à la suite de son appel à l’univers, mon téléphone avait sonné ! Il m’avait souvent parlé de son école, ça n’avait jamais fait écho en moi et là je ne sais pas pourquoi, mais ce fut le cas.

MARINE CHAPOT

Très naturellement, grâce à mes 10 ans de kinésiologie et à mes capacités d’analyse que je dois à toutes les discussions que j’ai eues avec ma mère, la connexion s’est faite. Suite à ma formation, et au bout de 6 mois, mon activité était lancée grâce aux bouches à oreilles. Donc on peut dire que sans cette séance avec mon kinésiologue, je ne serais pas là aujourd’hui. Les choses tiennent à la fois à rien et à la fois à tout, car pour moi le bonheur tient à notre capacité à saisir ce genre d’opportunités. À les voir.

 Le bonheur dépend de notre capacité à le voir, tout simplement.

 C’est comme un train qui s’arrête toutes les 5 minutes qu’on laisse très souvent passer parce qu’on a les yeux remplis de merde ! (rires) Soit parce que ça nous vient de notre inconscient, soit parce que nous avons des difficultés à voir les choses simples de la vie.

Peux-tu expliquer ce qu’est la kinésiologie ?

Je peux expliquer ce que je fais, moi ! Ce que je propose à tous ceux qui le souhaitent c’est de pouvoir s’écouter. Lorsque je me couche sur une table de kinésiologie, c’est un instant de bonheur absolu. Le moment où je tends mon bras à mon kinésiologue, tout à coup, je branche mes écouteurs sur mon être profond et je n’ai plus qu’à… l’écouter. Et tout prend sens. C’est un instant privilégié et unique. Ce qui est extraordinaire c’est que lorsque ces choses remontent, lorsqu’on les entend et qu’on les comprend, ça libère des maux à la fois psychologiques (addiction, tics, tocs, dépression, crise d’angoisse) et physiques. Parfois, des douleurs qui sont présentes depuis 20 ans s’en vont après une séance de kinésiologie. Parce qu’on a enfin écouté et entendu le message qu’elles essayaient de nous faire passer depuis tout ce temps.

MARINE CHAPOT

Une fois que la douleur a délivré son message, sa mission est terminée. Je trouve ces moments extraordinaires ; sentir sous ses doigts le corps qui se transforme ! Dans ce que je propose, il y a une première partie que j’apparente au dialogue avec soi, à la libération puis il y a la deuxième partie qui consiste à équilibrer ou transmettre dans le corps ce que l’on a libéré au conscient. C’est une façon plus rapide d’intégrer dans notre corps ce nouveau schéma. Pour ce faire, il y a plusieurs méthodes : l’ostéologie-kinésiologie, le magnétisme, l’EMDR, la lithothérapie, les huiles essentielles. Lorsque l’on repart d’une séance, l’inconscient, le mental et le corps sont équilibrés.

Comment fait-on pour protéger son bien-être lorsque l’on fait un métier comme le tien ?

Je pense que pour se protéger, il n’y a rien de pire que de chercher à se protéger. La confiance est le meilleur des outils.

J’ai foi en la vie, en la lumière, en ce qui guide mes actions. Je connais beaucoup de soignants fatigués, malades, impactés de façon très importante par leur activité. Je constate effectivement certaines manifestations dans mon corps et aussi au niveau psychique. Le plus important, c’est de les voir ; il ne faut surtout pas qu’ils restent bloqués dans l’inconscient. Si on est assez à l’écoute de soi pour identifier ces manifestations et y mettre un sens, elles ne s’accrochent pas et s’en vont. C’est exactement ce qui se passe pour moi. Ma mère est la seule praticienne, à ma connaissance, qui n’a jamais eu l’ombre d’une manifestation physique ou psychique qui ne lui appartiendrait pas. C’est aussi pour cette raison que tout le monde n’est pas fait pour exercer ce genre de métier. Je suis en ce moment enseignante dans une école et je vais très certainement arrêter pour ces raisons.

Je ne pense pas que pour exercer ce métier, on doive avoir des dons. Je pense que c’est une question de chemin. Il y a beaucoup d’écoles, aujourd’hui, qui dispensent des formations dans diverses thérapies douces et je vois que pour un bon nombre d’élèves, cette voie peut être destructrice ou alors qu’ils l’empruntent pour les mauvaises raisons. Beaucoup de personnes ont une folle envie de changer de vie et considèrent le bien-être comme une voie de secours. Ce métier est une forme de fardeau et il faut en avoir conscience. D’où l’importance d’arrêter dès que l’on sent que notre énergie n’est plus suffisante pour porter ce fardeau. C’est la promesse que je me suis faite. J’ai changé de métier 8 fois donc ce n’est pas une fois de plus qui changera quelque chose ! Je pense que ce sera plus embêtant pour mes patients. C’est ça la clé : c’est voir, c’est être clairvoyant.

MARINE CHAPOT

Pour soulager tes patients, est-ce que tu dois forcément aller bien personnellement ? Est-ce que c’est la condition sinéquanone à une bonne séance ?

Non ! Il y a des jours où je me sens fatiguée, où je ne suis pas dedans et c’est exactement ce qu’il fallait à mon patient à cet instant. Je demande systématiquement en début de séance la permission de réaliser un soin. Si je ne suis pas alignée ou que la personne n’est pas en mesure de recevoir un soin, la séance est annulée.

C’est déjà arrivé ?

Oui et je comprends la frustration que ça peut engendrer. Ça m’arrive 1 à 2 fois par mois. Je sais que si je fais un soin sans l’accord de l’inconscient, ça ne fera aucun bien à celui qui le reçoit. L’inconscient est maître de beaucoup de choses ! C’est un peu comme une radio, il émet des ondes. On attire donc des personnes ou des évènements qui vibrent à la même fréquence que celle qu’on émet. Je fais confiance à ce que j’émets et à ce que les gens émettent même si ce n’est pas nettoyé. On a tendance à se dire qu’il faut que tout soit propre pour que ce soit parfait alors que pas du tout ! C’est parfois dans les choses les plus noires qu’on va pouvoir faire un bond incroyable ! Il faut avoir confiance et affronter ces parts-là de nous. Elles existent et c’est par elles que nous pouvons agir, par l’inconscient et aussi par le conscient. L’action est importante. Mon travail consiste justement à débloquer le corps et le cerveau quand ils n’ont plus cette capacité à réagir parce que l’inconscient a pris complètement le contrôle.

C’est assez commun de montrer notre côté « positif » et de vouloir cacher le reste.

Et pourtant ! La phase de rééquilibrage, pendant une séance, consiste à équilibrer ces deux parties de nous. Par exemple, une personne qui aurait une difficulté à être qui elle est et plutôt à être en fonction des autres, je vais équilibrer, en fin de séance, de façon qu’être soi-même et ne pas être soi-même soit juste. Il y a beaucoup de situations dans la vie où on ne peut pas être qui on est et c’est normal ! Il ne faut pas laisser un stress subsister lorsque nous vivons des moments de vie que nous ne contrôlons pas.

Comment définirais-tu le bonheur ?

L’équilibre. Le bonheur n’existe pas vraiment, tout est une question d’équilibre.

S’il n’y a pas de dispute, il n’y a pas de réconciliation, s’il n’y a pas de désamour, il n’y a pas d’amour. Le bonheur c’est l’équilibre. À trop vouloir le chercher, le comprendre, on fait pencher la balance. Alors certes, elle penche du bon côté, mais une fois que quelque chose fera contrepoids, ça fera très mal !

Comment maintenir cet équilibre tous les jours ?

Il y a un événement dans ma vie qui a changé ma façon de voir les choses. J’ai deux réponses à cette question : une qui correspond à ma vision avant mon accouchement et une qui correspond à celle que j’ai depuis que je suis maman. Les deux sont justes, en fonction de l’endroit où on se place. Avant mon accouchement, j’aurais répondu l’insouciance. J’avais une confiance aveugle : plus on a foi, plus on tend vers cet équilibre. Aujourd’hui, cette réponse est toujours juste pour moi, mais j’y apporte une nuance. Avant, je marchais les yeux fermés. C’était comme si je traversais une autoroute les yeux fermés avec cette croyance absolue que tout se passerait bien. C’est ce que j’ai fait pour mon accouchement et j’ai pris un poids lourd en pleine face ; ce qui a d’ailleurs failli me coûter la vie. Aujourd’hui, je traverse toujours l’autoroute avec confiance, mais cette fois avec les yeux grands ouverts. L’équilibre pour moi c’est à la fois cette croyance que j’ai et cet ancrage à la terre.

Est-ce qu’il existerait un secret pour accéder au bonheur ?

Il existe dans les choses simples : s’asseoir dans l’herbe et sentir les rayons du soleil sur sa peau. C’est ça le bonheur parce que rien d’autre n’existe à part ça : toi sur Terre. Tout le reste est de l’ordre du « fabriqué » : le couple, l’amour, le travail, la réussite. Tout le monde a la capacité de ressentir le bonheur, mais on est entouré de tellement de couches qui nous empêchent d’Être. On dit que l’on s’incarne sur Terre ce qui signifie faire l’expérience de la chair. Il y a d’ailleurs un très beau film à ce sujet, c’est la Cité des Anges : on y voit un Ange qui tombe du ciel et lorsqu’il arrive sur Terre, il se fait super mal ! Sa première expérience de la chair est la douleur et derrière ça il y a celle de la mort. C’est ça l’expérience ! Cependant, on peut limiter la douleur. J’ai toujours fonctionné avec le cœur à l’extérieur et les bras grands ouverts. Je me suis toujours dit : si un jour, je me prends un coup de poignard dans le cœur, je vais le sentir !

J’ai toujours pensé que de ne pas me protéger et de vivre la vie avec le cœur et les bras ouverts, c’est ce qui me permettrait le plus de sentir la saveur des choses. C’est de cette façon que j’expérimente la magie de la vie. Donc oui mon secret pour accéder au bonheur est de ne rien faire et de savourer les petits riens.

MARINE CHAPOT

Et d’un autre côté, j’ai conscience que ce que je dis pourrait paraître complètement faux pour les personnes qui sont en souffrance. Ils auraient raison parce que je sais que beaucoup de personnes sont victimes des couches de leur inconscient. Je vois, avec les nouvelles générations, que l’on tend vers plus d’éveil et il passera forcément par un peu de souffrance. Cette souffrance participe aussi au bonheur !

Est-ce que tu te rends compte de la hauteur qu’on doit prendre pour entendre ce que tu viens de dire ? (rires)

Non je ne m’en rends pas compte ! J’ai eu une patiente, il y a quelque temps, qui m’a fait une liste de ses symptômes. Cette liste était longue comme mon bras. À la fin, j’ai planté mon regard dans le sien et je lui ai dit : vous êtes parfaite ! Vous n’avez aucun problème. Votre corps et votre mental fonctionnent toujours parfaitement. Vous pensez qu’ils dysfonctionnent ; moi je vous dis que dans ce dysfonctionnement se cache en fait un fonctionnement parfait qui tend à exprimer quelque chose de plus puissant que la seule volonté de votre corps…

J’ai vu le moment où elle allait me dire : mais vous vous fichez de moi ? Elle ne l’a pas fait parce qu’elle avait perçu la sincérité de mes mots. Elle a compris ce que je voulais dire. On est tous parfaits et on peut tous tendre vers le bonheur. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a autre chose que le corps et le cœur qui s’est mis en action, l’inconscient. Et dans ce cas, c’est un sac de nœuds qu’on doit défaire et c’est le travail que je fais en kinésiologie.

Je ne sais pas si les personnes ont conscience de la chance que nous avons, aujourd’hui, de pouvoir travailler avec différentes méthodes sur notre inconscient. Avant lorsque ça n’allait pas, ça n’allait pas.

Aujourd’hui, on nous donne la possibilité de travailler sur le fond et c’est un moyen d’équilibrer notre balance. Avec le temps, je pense qu’on arrivera à développer un autre sens qui est de dialoguer avec soi. Je pense que l’humain va développer un regard intérieur. J’ai souvent des patients qui me disent : vous êtes incroyable ! Je pourrais même prendre la grosse tête ! Je leur réponds que je n’ai fait que les mettre en relation avec leur intériorité.

Cet équilibre tu le retrouves aussi en exerçant ton métier donc. Tu donnes autant que tu reçois …

Exactement, si tu savais à quel point c’est vrai. Il y a des jours où c’est moi qui dis merci à la fin de la séance. Je compare une séance de kinésiologie à une danse. C’est mon inconscient qui danse avec celui de mes patients. Ils sont tous kinésiologues, mais ils ne le savent pas. Par exemple, l’instant que l’on vit en ce moment me permet de verbaliser des ressentis sur lesquels je n’avais jamais posé de mots. On ne sait pas ce que ce moment va ouvrir en toi, en moi, en ceux qui liront cette interview. Lors d’une séance, je donne ce que j’ai la capacité de donner sur un instant T, rien de plus, rien de moins. L’équilibre !

MARINE CHAPOT

Je vois beaucoup de praticiens s’étonner de voir que je donne 10 à 12 séances par jour alors qu’eux sont fatigués au bout de 2 séances. C’est justement parce qu’ils ne font que donner ; ce n’est donc plus une danse. Les choses se font naturellement, je n’ai pas de complexes à prendre et a contrario ça ne me dérange pas de donner. Il y a des personnes qui viennent me voir pour donner et non pour recevoir. L’un et l’autre ne me causent aucun stress parce que les choses se passent exactement comme elles doivent se passer avec un patient sur un instant T. J’ai confiance !

Je pourrais en parler pendant des heures ! C’est passionnant ! Toutes ces notions que l’on a abordées sont pour moi des choses précieuses. Elles doivent se distiller et s’intégrer progressivement dans le conscient et l’inconscient des personnes pour qui c’est le moment de les entendre.

Merci d’avoir lu cette interview ! N’hésite pas à laisser un commentaire et à la partager si le cœur t’en dit !

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2 commentaires

  1. C’est incroyable…. Quelle belle Interview, je me suis retrouvée tout du long avec l’équilibre, le petit bout de bonheur dans les petites choses du quotidien, la notion de « donner recevoir » … Merci pour ce partage mesdames !! ❤️

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